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Homélie du 28ème dimanche ordinaire

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Marc (10, 17-30) par le Père Denis LECOMPTE

Nous l'avons entendu, Jésus se mettait en route vers Jérusalem, quand un homme accourut vers lui. C'est donc dans le contexte de la montée vers la croix que se situe notre épisode d'Evangile.  L'homme court, il a quelque chose d'important à demander. Il ne manque pas de manières, il se met à genoux et dit : Bon Maître ! (ce titre n'appartient qu'à Dieu seul); Jésus le refuse comme doit le faire tout juif pieux. Pourquoi m'appelles-tu bon ? Dieu seul est bon. De plus, dans Marc surtout, Jésus cherche volontiers à cacher sa véritable identité divine, parce que les esprits ne sont pas encore prêts à accepter l'inouï de sa mort suivie bien-sûr de sa Résurrection.

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? Demande notre homme. Rien d'intéressé. Cet homme ne demande que la vie éternelle : être avec Dieu. Jésus lui récite le catéchisme juif, les commandements. Curieusement, Jésus ne reprend que les commandements envers le prochain, sans doute parce qu'il a à faire à un homme fortuné. D'où aussi la recommandation supplémentaire qu'ajoute Jésus : Ne fais de tort à personne.

Maître, j'ai observé tout cela depuis ma jeunesse dit notre homme. C'est un homme honnête, religieux. Mais Jésus a bien senti en lui un quelque chose, un désir de plus. Il avait couru ! Cet homme lui est sympathique, il le regarda, littéralement il regarda dedans  c'est le terme grec. D'un regard qui va jusqu'au fond ? et il l'aima. Imaginons la scène, avec ce regard qui trahit les sentiments de Jésus.

Une seule chose te manque ! dit Jésus, va, vends tout ce que tu as, puis viens, suis moi. Les commandements ne suffisent donc pas ? Même en les observant, il manque une chose. C'est ici ou jamais qu'il faut prendre l'Evangile à la lettre. Nous pensons : « Ceci n'est pas pour moi, c'est pour les moines ». Comme si l'Evangile avait une partie obligatoire, les 10 commandements, et une partie conseillée, les Béatitudes. Et nous voilà, les disciples, stupéfaits... de plus en plus déconcertés.

Quelle est donc cette seule chose qui nous manque ? La radicalité (à la racine). Le commandement se limite à des actions qui, une fois accomplies, nous laissent quittes. Jésus veut tout, "à la racine", c'est à dire le c?oeur. Sans doute, ce « plus », ce tout  varie avec chacun. Jésus ne demande pas à tous de vendre leur bien, comme il l'a demandé à cet homme. Mais à nous tous, Jésus avait dit (2 chapitres avant) : Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il renonce à lui-même, prenne sa croix et qu'il me suive (Mc 8, 34).  Le tournant décisif, c'est le moment où nous passons d'un christianisme correct - c'est à dire l'observance des commandements à la suite généreuse du Christ. D'un côté, le Tu connais les commandements ; de l'autre : Viens et suis-moi.

A ces mots, l'homme devint sombre et s'en alla tout triste. Ne l'accusons pas trop, car nous lui ressemblons. Ne sommes-nous pas, nous aussi, désireux de plus, mais peu désireux d'y mettre le prix ? D'où notre religion triste, sombre, si peu épanouie. Nous avons à en prendre conscience, surtout en ce début d'année pastorale...

 

Nous percevons bien que les talents que Dieu nous confie sont bons, mais à la condition que tous ces talents confiés par Dieu soient mis au service des autres et au service de Dieu et de son Evangile. D'ailleurs, lorsque nous sommes encombrés de nos richesses en les gardant pour notre usage exclusif, nous risquons de perdre notre liberté. On connaît le proverbe : « Méfie-toi de ce que tu possèdes, pour ne pas en être possédé ».

Le coeur de cet épisode comme de tout l'Evangile est le « suis-moi » que nous lance Jésus ! Jésus ne veut pas des petits saints immobiles ; il veut des amis qui marchent avec lui, et des amis libres dans l'Esprit. Donnons notre accord et notre foi.

 

Père Denis LECOMPTE, le 14 octobre 2012

 

Article publié par Claire DUPONT • Publié Dimanche 14 octobre 2012 • 1814 visites

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