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Homélie du 26ème dimanche ordinaire

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Marc (9, 38-43 45 47-48) par le Père Denis LECOMPTE

Aujourd’hui, nous ne prendrons que deux des lectures sur les trois que l’Eglise nous propose. Le Livre des Nombres et  St Marc. Ils se correspondent et se complètent. « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous », proclame Jésus ! Quelle largesse de cœur. A ceci correspond ce qu'avait dit Moïse en première Lecture : « Ah ! si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! »

 

Nous avons ici la preuve de l’extraordinaire paix intérieure qui habite Moïse et Jésus. Jésus ne prétend pas tout maîtriser ; il constate le bien qui est fait ; et il admet que quelqu’un puisse faire un miracle en son nom, bien que n’appartenant pas au groupe qu’il a lui-même choisi. En quelque sorte, sa mission est immense, il la partage avec des gens qu’il ne connaît même pas. Et il invite du coup ses disciples à ouvrir la porte : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous ». Manière de leur dire « il y a des gens qui sont des nôtres même s’ils ne sont pas sur vos listes ». On a peut-être là une illustration d’une autre phrase de Jésus « On reconnaît l’arbre à ses fruits » (Mt 7, 20)... « Supposez qu’un arbre soit bon, son fruit sera bon ; supposez-le malade, son fruit sera malade : c’est au fruit qu’on reconnaît l’arbre. » (Mt 12, 33). Et il en tire les conséquences : « Tout arbre qui ne produit pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. » (Mt 7, 19).

Notre Evangile d’aujourd’hui dit exactement la même chose ; et du coup nous comprenons le lien entre les divers propos de Jésus. Première partie : il y a de bons fruits à l’extérieur de la communauté ; c’est donc qu’il y a de bons arbres même à l’extérieur de la communauté ; « Quiconque vous donnera à boire un verre d’eau parce que vous appartenez au Christ, en vérité je vous le déclare, il ne perdra pas sa récompense. » A l’inverse, il y a de mauvais fruits à l’intérieur comme à l’extérieur de la communauté, (on aura remarqué la répétition du mot « quiconque ») ; cela veut dire qu’il y a de mauvais arbres à l’intérieur comme à l’extérieur de la communauté ; et Jésus en tire la conclusion : tout comme il faut se résoudre à couper l’arbre malade, il faut résolument supprimer tout ce qui peut se révéler cause de danger pour la vie de la communauté.

« Si ta main t’entraîne au péché, coupe-la. Si ton pied t’entraîne au péché, coupe-le. Si ton oeil t’entraîne au péché, arrache-le. Il vaut mieux entrer manchot, estropié, borgne dans le royaume de Dieu que d’être jeté tout entier dans la géhenne... » On se rappelle que la Géhenne est le ravin qui entoure Jérusalem au Sud et à l’Ouest ; lieu où l’on brûlait les détritus, il devait sa sinistre réputation au fait qu’il avait été également le lieu où l’on sacrifiait des enfants (au temps des rois Achaz et Manassé) ; cette pratique était totalement désapprouvée par les prophètes, si bien que la Géhenne était devenue le symbole de l’horreur absolue. Les prophètes localisaient dans la Géhenne le châtiment des impies au Jour du Jugement de Dieu.

Il est bien évident que Jésus ne conseille à personne de se mutiler : mais par ces phrases si violentes, il veut nous faire découvrir la gravité de ce qui est en jeu ici, à savoir la qualité de la communauté et de la mission. Du coup, Jésus entraîne ses disciples bien loin de ce qui, au début de ce même discours à Capharnaüm (dimanche dernier), était leur préoccupation majeure : à savoir lequel était le plus grand ! (9, 34). Ce qui leur permettra de vivre en paix les uns avec les autres, ce sera de partager la même passion pour le Royaume.

 

Loin de nous recroqueviller ou de nous enorgueillir (jalousie de Josué, impétuosité de saint Jean « fils du tonnerre »), nous avons à revivifier notre foi, notre vie chrétienne (au prix même de couper ou de retrancher ce qui ne convient pas), et à souhaiter qu'elle puisse s'étendre à tous, au plus grand nombre ! Que notre parole et notre vie entraînent nos frères.

Quel beau programme lors d'un pèlerinage ou d'une reprise d'année pastorale.

Article publié par Claire DUPONT • Publié Lundi 01 octobre 2012 - 21h07 • 1706 visites

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