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Homélie 4ème dimanche de Carême

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Jean (9, 1-41) année A par le Père Denis LECOMPTE

L'aveugle né

 

 

Depuis le 4ème siècle : le carême est vu comme l’ultime étape de préparation des catéchumènes qui allaient être baptisés lors de la vigile pascale ; on leur expliquait ainsi les dons merveilleux qu’ils allaient recevoir. Après les Evangiles de la Tentation et de la Transfiguration, sont proclamés 3 grands passages de St Jean :

St Jean - Chapitre 4 : Evangile de la Samaritaine : La foi nous offre l’Eau vive

St Jean – Chapitre 9 : Evangile de l’aveugle né : elle nous donne la Lumière,

St Jean – Chapitre 11: Evangile de LAZARE : elle nous donne la Vie            

 

« L'Aveugle-né ». Un Evangile merveilleux ! Il est difficile d'y ajouter quelque chose. Cette scène pleine de vie, de réalisme humain résonne dans nos cœurs ! St Jean, témoin oculaire de cette scène, nous l’a transcrite d’une manière si vivante, on s’y croirait ! Il est bien d'autres guérisons d'aveugles dans les Evangiles, mais ici nous en avons le sens.

Nous pouvons regarder successivement les différents personnages de cet épisode évangélique qui campe si bien nos attitudes humaines.

 

- Il y a l’aveugle de naissance, bien sur, un homme prisonnier de son infirmité, enfermé dans sa nuit physique, et peut-être aussi dans une nuit morale due à son épreuve.

- Il y a également les disciples de Jésus, prisonniers eux aussi de leur jugement erroné, de leurs explications simplistes : si cet homme est né aveugle, c’est soit sa faute, soit celle de ses parents.

- Il y a encore les parents de cet homme infirme, prisonniers eux aussi mais cette fois de la peur -« ils avaient peur des Juifs », dit st Jean : ils n’osent pas confesser la vérité.

- Il y a, bien sur, les pharisiens prisonniers de leur orgueil, de leur certitude d’avoir un jugement parfaitement éclairé ; de 2 choses l’une, soit il n’y a pas eu de miracle (et c’est ce qu’ils essaient d’abord de mettre en évidence : les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme, qui maintenant voyait, avait été aveugle), soit il y a eu miracle mais alors c’est un péché car il y a eu transgression du repos du sabbat. Jésus est donc un pécheur, Il ne peut être un prophète. C’est la conclusion à laquelle ils arrivent : nous savons que cet homme est un pécheur. Quant à l’aveugle guéri, ils savent, là encore, qu’il est tout entier plongé dans le péché depuis sa naissance. Les pharisiens se prennent pour Dieu. Il y a, enfin et surtout, Jésus qui fait craquer toutes les prisons, toutes les obscurités humaines, celle physique de l'aveugle, celles spirituelles des autres personnages.

Jésus fait de la boue avec sa salive pour l'appliquer sur les yeux de l'aveugle. C'est le geste même de Dieu lors de la création de l'homme dans la Genèse : Le Seigneur Dieu modela l'homme avec la glaise. Jésus va créer et recréer.

Jésus envoie aussitôt notre aveugle à la piscine de Siloé. Or le mot Siloé se traduit par l'Envoyé. Ce n'est pas tant l'eau de la fontaine qui guérit les yeux de l'aveugle, mais Jésus l'Envoyé du Père.

Et précisément s'ensuivra la belle progression de foi  que fera notre aveugle vis-à-vis de Jésus : C'est un prophète commencera-t-il par dire, les yeux de son cœur s'ouvrant lentement. Puis il proclamera  Cet homme vient de Dieu. Et à la fin Je crois, Seigneur et il se prosterne devant Jésus.

Jésus est bien « la Lumière du monde » comme il était dit au début de notre Evangile. La 2ème lecture se terminait par ces mots : Tout ce qui apparaît ainsi devient lumière. C'est pourquoi l'on chante : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera.   

 

Dans cet aveugle illuminé,  la jeune Eglise chrétienne s'est reconnue. Elle a été illuminée par le Christ ressuscité, par la Lumière de Pâques ! Le dialogue entre Jésus et l'aveugle : Crois-tu ?  - Je crois, Seigneur, semble bien faire partie du rite baptismal : profession de foi dialoguée, ici précédée de l'onction sur les yeux  puis de la plongée dans la piscine. Nous retrouverons cette profession de foi, dimanche prochain, avec la sœur de Lazare.

 

Commentant cet épisode, St Augustin remarque : l’aveugle lava ses yeux à la piscine et il fut baptisé ; il est guéri physiquement mais encore il reçoit une grâce de foi, de lumière sur le Christ qui le fait confesser sans peur aux pharisiens : C’est un prophète qui vient de Dieu. On sent une audace, une force intérieure en cet homme guéri physiquement mais spirituellement illuminé et fortifié : il tient tête à l’incrédulité des pharisiens.

 

Qu'en ce temps de Carême et au sein de notre société souvent difficile et aveugle, nous retrouvions la force et la lumière de la foi. En 1ère lecture, concernant le jeune David, Samuel affirme Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur ! Les yeux de la foi, les yeux du cœur.

 

Faisons nôtre cette belle prière prévue ce dimanche pour les catéchumènes au baptême et à la confirmation et celles et ceux qui veulent revivifier ces sacrements fondamentaux; désormais, après bien des tâtonnements, nous « voyons » bien qui est le Christ, nous ne sommes plus aveugles : Père de toute clarté, Toi qui donne à l’aveugle-né de croire en ton Fils et d’entrer par cette foi dans le royaume de ta lumière, fais que ces catéchumènes et nous aussi soient libérés de toute erreur qui les enferme et les aveugle et donne-leur la grâce de s’enraciner fermement dans la Vérité pour devenir fils de lumière et le demeurer toujours. Amen.

 

 

Père Denis LECOMPTE, le 3 avril 2011

 

Article publié par Claire DUPONT • Publié Dimanche 03 avril 2011 • 4825 visites

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