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Homélie 7ème dimanche de Pâques

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Jean (17, 1b-11a) Année A par le Père Denis LECOMPTE

Ce 7ème dimanche de Pâques peut être appelé  le dimanche de la prière. Il se situe dans la période où les Apôtres, sur l’'ordre de Jésus, attendirent, du jour de l’'Ascension à la Pentecôte, la venue de l'’Esprit Saint, en étant fidèles à la prière avec Marie, Mère de Jésus (1re lecture). Mais c'’est surtout le Christ priant que l'Evangile nous fait écouter aujourd'’hui  dans la grande et longue prière, appelée aussi "la prière sacerdotale" : Jésus prie pour lui-même avant l'’heure grave de sa passion ; mais il prie aussi pour ses disciples qu’'il va laisser dans le monde.

Le désir de l'’Esprit se fait plus fort. Il va venir bientôt, cet Esprit de gloire, qui reposera en nous et nous fera tenir bon dans l’'épreuve (2e lecture). Passons ces 9 jours entre l’'Ascension et la Pentecôte (qui sont à l’'origine de la coutume populaire des neuvaines)  dans une prière plus intense et l'’invocation de l'’Esprit de Jésus.

La prière dans l'Evangile de ce jour est ce moment indicible où Jésus, sa mort devant lui,  parle par éclairs, comme s’'il l’'avait déjà vaincue. L’'heure est venue, cette heure du passage qu’'il a tant désirée et qui l'’a fait frémir. Alors, selon une manière juive de prier, il leva les yeux au ciel. C’'est la plus longue prière du Christ que les Evangiles nous aient laissée.  Chaque 7ème dimanche de Pâques des 3 années du cycle liturgique en lit une partie.

Père. Le mot, tant de fois employé par Jésus pour désigner sa relation unique à Dieu,  prend ici un relief d'’une tendresse saisissante. Glorifie ton fils. Serait-ce une prière d’'orgueil ? Non point : afin que ton Fils te glorifie. Un peu (toute comparaison cloche !) comme un jeune étudiant en médecine désire réussir son examen pour être la fierté de son père et pour bien servir les malades. Jésus demande d’'être entièrement saisi par son Père, de n’'avoir plus entre le Père et lui le mur de son corps mortel ; que le Père lui donne un corps de gloire tout irradié par sa lumière amoureuse. En fait, Jésus demande sa résurrection. Ainsi transformé, il pourra donner la vie éternelle aux siens.

Mais on sent percer, chez Jésus, comme un immense mal du pays, car il est encore loin de son Père.Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi. Il ne revendique que ce qui est au plus profond de lui : Donne-moi la gloire que j'’avais auprès de toi avant le commencement du monde. Une affirmation on ne peut plus nette de la pré-existence du Christ. Il n’est pas seulement un homme qui a commencé d’'exister en naissant, il existait avant, comme Verbe éternel du Père. Mais cette gloire éternelle s'’est voilée dans son humanité. Maintenant, par la résurrection, elle va irradier cette humanité avec éclat.

Puis la pensée de Jésus s'’attarde auprès de ses disciples qu'’il va bientôt laisser seuls. Il les regarde avec attendrissement : ils étaient à toi, tu me les a donnés. Le Père nous a confiés, donnés à son Fils. Chaque personne divine nous prend personnellement en charge. Nous sommes comme entraînés dans le va-et-vient des échanges trinitaires : Tout ce qui est à moi est à toi. Le Père et le Fils nous aiment d’un amour commun ; nous sommes comme bercés de l’'un à l'’autre. Quelle tendresse !

Et comme Jésus prend plaisir à souligner la foi de ses disciples ! Ils ont gardé fidèlement ta parole, ils ont reconnu… ils ont reçu… ils ont cru. Quoi ? que je suis venu d’'auprès de toi, que c’'était toi qui m’'avais envoyé. Beaucoup voient en Jésus un homme extraordinaire ; l’e croyant voit en lui le Fils du Père.

Cette foi va subir des assauts terribles quand Jésus sera parti. Une espèce d’'angoisse saisit Jésus à laisser ses disciples à eux-mêmes. Désormais je ne suis plus dans le monde, eux ils sont dans le monde, le monde du Mal. Aussi je prie pour eux. Prière sublime ! Des éclairs à jets continus. Cette méditation splendide chante - et la grandeur du Christ, le Verbe éternel, et la noblesse du chrétien confié par le Père au Fils. Vraiment, « élevons notre coeur - rendons grâce au Seigneur tout-puissant »

Le monde serait-il mauvais ?

Chez Jean, ce mot monde a 2 sens totalement différents, parfois sur la même page. Seul le contexte permet de les distinguer. Le monde au sens positif, c’'est la création, notre terre qu’'il nous faut aimer, faire progresser : Dieu a tant aimé le monde qu’i'l a envoyé son Fils (Jn 3,16). Le monde au sens négatif, ce sont alors les forces destructrices, paralysantes de l’'égoïsme humain, le diabolique,  le « Mauvais ». Je ne prie pas pour le monde (Jn 17,9),  le monde les a pris en haine (17,14). Nous vivons dans un monde qui a ces 2 faces, et notre situation est inconfortable : il nous faut aimer le monde, le construire ; il nous faut lutter contre tout ce qui, en lui, est destructeur et il nous arrive bien souvent de regarder son soleil en ayant les pieds dans la boue. Mais ne nous évadons pas du monde, gardons-nous seulement du Mauvais.

 

Père Denis LECOMPTE, le 1er juin 2014

Article publié par Claire DUPONT • Publié Dimanche 01 juin 2014 • 1301 visites

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