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Homélie 6ème dimanche temps ordinaire

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Matthieu (5,17-37) année A par le Père Denis LECOMPTE

En ce 6ème dimanche, nous voici  au cœoeur du Sermon sur la Montagne entre les Béatitudes et le Notre Père… C'est le cœoeur de l'Evangile !

D'où la demande de Jésus : "Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux". Pour ce faire, Jésus n'a nullement l'intention de rajouter d'autres commandements - on n'atteint pas l'amour en multipliant les préceptes - mais il annonce la nécessité d'un saut qualitatif, qui ne peut se réaliser que dans l'Esprit qu'il va répandre sur toute chair au matin de Pentecôte.
L’'Evangile ne supprime ni n’édulcore ni ne remplace la Loi, mais il la « radicalise » c.à.d. il en pousse les exigences jusqu’à la racine.  Jésus va ainsi à la racine :  non pas colère et envie, mais limpidité, transparence c'est-à-dire la Vie (1ère lect.). Voilà ce que le coeœur de l'homme n'avait pas imaginé, c'est le fruit de l'Esprit proclame st Paul en 2ème lecture !

 

Il est remarquable que les exemples cités par Jésus aient tous trait à la violence dans les relations fraternelles :

 

Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : « Tu ne commettras pas de meurtre; et si quelqu’un commet un meurtre, il en répondra au tribunal ». Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu’un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu’un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu.

Il est bien insuffisant de dire : « Je n’ai pas tué » :  l’'atteinte à la vie d'’autrui commence déjà lorsque la colère éclate, lorsque l’'injure crache, lorsque la médisance et la calomnie cherchent à écraser l’'autre. Dès que s'’allume le foyer d'’animosité, il faut de suite chercher à l'’éteindre. C’'est pour n'’avoir pas su se contrôler dès le début que certains en viennent au meurtre.

 

Vous avez appris qu’il a été dit : « Tu ne commettras pas l’'adultère ». Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire, a déjà commis l’'adultère avec elle dans son coeœur. …Si ton œil entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car c’est ton intérêt de perdre un de tes membres et que ton corps tout entier ne soit jeté dans la géhenne…... (idem pour la main)….

Le décalogue interdisait l’'adultère (Exode 20, 14). A nouveau Jésus précise que la malice de l’'acte défendu s'’enracine dans le coeœur : l'’adultère commence bien avant le lit. Si le  désir n'’est pas combattu dès sa première flamme, la tentation sera trop puissante. L'’enjeu est très grave puisqu’'il vaudrait mieux t’amputer, enseigne Jésus : c’'est pourquoi il faut « trancher dans le vif » dès le début.

 

Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : « Tu ne feras pas de faux serments mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur ». Eh bien moi, je vous dis de ne faire aucun serment, ni par le ciel…ni par la terre. …Quand vous dites « oui », que ce soit un « oui » ; quand vous dites « non », que ce soit un « non ». Tout ce qui est en plus vient du Mauvais.

La Loi interdisait de faire des serments mensongers et elle obligeait à réaliser ce que l’on avait juré de faire ; en outre la casuistique pharisienne avait introduit un ordre de gravité  plus ou moins grande selon les réalités que l’'on prenait à témoin. Jésus balaie tout ce fatras  et énonce la règle définitive : Ne faites jamais de serments, soyez vrais en parole. Que chacun puisse avoir une confiance totale dans l'’autre. (N.B. : Il est évident que devant le tribunal il faut obéir à la Loi).

Toutes les interpellations lancées par Jésus sont personnelles ; il n'est pas question de couper la main ou le pied de mon frère, ou de lui arracher son œil : c'est de mon problème qu'il s'agit. Puissions-nous discerner dans ces Paroles déconcertantes un appel à oser nous engager résolument sur le chemin de la vraie liberté, celle de l'amour de charité.

Aussi l'oraison d'ouverture de la liturgie de ce jour ne demande-t-elle pas à Dieu de nous permettre d'observer scrupuleusement tous les commandements, mais « de vivre selon sa grâce », car « Dieu veut habiter les coeœurs droits et sincères »

 

Certes cet enseignement résonne avec une exigence terrible qui interdit de s'’estimer en règle, qui oblige à l'’humilité et à la confiance dans la miséricorde de Dieu, bien plus grande que nos fautes.

Mais surtout comment ne pas être stupéfié par ce charpentier de Nazareth, ce fidèle issu du petit peuple et qui, sans aucun titre, a eu l’audace folle de prononcer de telles paroles : « ON VOUS A DIT… MOI JE VOUS DIS ». Qui donc est-il pour oser se positionner de la sorte ?

Tout l’'évangile tentera de donner la seule réponse possible : Jésus ne profane pas la Loi  et il est plus qu'’un prophète. Il est le Fils, Dieu lui-même.

Oui vraiment notre "temps liturgique ordinaire" est "extraordinaire" ! Vivons-le ensemble avec bonheur dans notre Valenciennois…

 

Père Denis LECOMPTE, le 16 février 2014

Article publié par Claire DUPONT • Publié Dimanche 16 février 2014 • 1597 visites

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