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Homélie 29ème dimanche temps ordinaire

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Luc (18,1-8) année C par le Père Denis LECOMPTE - Dimanche de la mission

Beaucoup de personnes sont découragées, y compris dans l'Eglise… D'où vient ce découragement,  ce sentiment douloureux d'avoir œuvré et espéré pour rien ?  Qu'est-ce qui provoque la perte du dynamisme intérieur, cette pesanteur qui s'abat sur nos facultés mentales  et paralyse le cœur ?

Notre passage d'Evangile de St Luc parle  du découragement des chrétiens.  A l'heure de la détresse, de la guerre, de la persécution, de la baisse du souffle missionnaire, Dieu semble comme absent. A quoi la prière peut-elle alors servir ? Or Jésus insiste :

Jésus dit encore une parabole pour montrer à ses disciples qu'il faut toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : 'Rends-moi justice contre mon adversaire.' Longtemps il refusa ; puis il se dit : 'Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m'ennuyer : je vais lui rendre justice pour qu'elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.' ». Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice ! Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu'il les fait attendre ? Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice.

Il est osé ce parallèle que Jésus opère entre un juge inique et le Père céleste. Mais il permet de souligner les identités profondes : un juge est là pour rendre justice, malgré tout ; et le Dieu Très-Haut, miséricordieux de génération en génération, surtout envers les pauvres, n'a qu'une seule volonté : sauver de la détresse. Dieu est amour et fidèle !

 

Mais Jésus nous renvoie à une autre préoccupation. Qu'en est-il de notre fidélité ? "Le Fils de l'homme, quand il viendra,  trouvera-t-il la foi sur la terre ?" Question grave et terrible…

C'est une question à reprendre aussi bien pour la Mission extérieure, l'Evangélisation mondiale   que pour la Mission intérieure, l'Evangélisation de notre propre pays !

En effet, chacune retentit sur l'autre. Il nous faut les deux : la Mission intérieure  et la Mission extérieure.

 

C'est précisément  parce que nous sommes des croyants tièdes intérieurement, que nous envoyons de moins en moins de missionnaires à l'étranger ; à l'inverse de ce qui se faisait il y a 50 ans. C'est parce que nous sommes en crise intérieurement. Il nous faut nous revigorer intérieurement  pour être missionnaires extérieurement !

Et, en sens inverse, c'est parce que nous oublions la Mission à l'extérieur que baisse notre évangélisation intérieure. Nous tournons en rond sur nos petits problèmes de chrétiens français, nous faisons du nombrilisme comme on dit ; nous sommes repliés sur nous-mêmes  et ainsi nous nous dévitalisons. Retrouvons le grand Souffle du large, le Souffle missionnaire !

Oui, l'Evangélisation intérieure et l'Evangélisation extérieure s'appellent l'une l'autre. Les chrétiens qui ont le sens des autres ont une foi personnelle en extension ; et les chrétiens qui vivent d'une foi personnelle vigoureuse ont par là-même le désir de la communiquer, de la crier sur les toits,  de la partager à l'extérieur.

Il est vrai,  les temps sont durs, mais ils l'ont toujours été ! Ils étaient très durs au temps du Christ, lui qui a terminé sur la Croix. Les temps étaient très durs à l'époque de l'Eglise primitive, époque de décomposition morale (fin de l'Empire romain) comme la nôtre ; et époque de persécutions comme le connaissent précisément des chrétiens aujourd'hui à travers le monde.

"Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps" demande St Paul en 2ème lecture ; nous pourrions dire également  que c'est dur,  que nous ne savons pas faire,  que nous en sommes incapables, indignes, pécheurs… Et c'est vrai !

Mais ici aussi, il nous faut savoir que cela a toujours été. Moïse et tous les prophètes se sont toujours proclamés incapables et pécheurs. Moïse ne savait pas parler : il a fallu lui adjoindre Aaron. Jérémie disait qu'il ne savait que répéter "a.a.a". Oui, courage et souffle en notre journée des Missions. C'est même merveilleux que nous soyons indignes : cela montre et prouve bien plus important que nos faiblesses que c'est le Christ lui-même qui agit, que c'est Dieu qui intervient : "Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit" (conclusion de la parabole). La Mission est si importante que c'est lui, le Christ,  qui est au centre et qui agit !

 

Père Denis LECOMPTE, le 20 octobre 2013

Article publié par Claire DUPONT • Publié Dimanche 20 octobre 2013 • 1913 visites

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