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Homélie 12ème dimanche temps ordinaire

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Luc (9,18-24) année C par le Père Denis LECOMPTE

Jésus vient de guérir ceux qui en avaient besoin et de multiplier le pain pour nourrir la foule. Et c'est juste à ce moment-là qu'il pose à ses disciples la question de confiance. « Qui suis-je ? » Et il la pose en deux temps ;

la foule, d'abord, que pense-t-elle de moi ? Et vous, mes disciples ? Certainement il y a là une pédagogie de sa part : il veut faire faire à ses disciples le pas de la foi. Pour la foule, qui suis-je ? Et la réponse est celle de n'importe qui ; et pour vous ? Et là,  il sollicite leur engagement personnel, « notre » engagement personnel

Le premier, Pierre prend la parole et dit « Le Messie de Dieu », c'est-à-dire celui qui a reçu l'onction, celui qui est habité par l'Esprit de Dieu et qui vient instaurer le Royaume de Dieu. Et d'ailleurs, pour Pierre  la multiplication des pains qui vient d'avoir lieu, en est la preuve : le Royaume de Dieu est déjà là.

Ce qui est quand même curieux, c'est que Pierre donne la bonne réponse et voici que Jésus lui interdit de la répéter ! « Il leur défendit vivement de le répéter à personne. ». Et alors il s'explique ; son explication revient à dire : oui, tu as raison au moins sur un point, je suis bien le Messie... Mais attention, le Messie n'est pas exactement comme vous croyez ! Et il annonce un Messie souffrant : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les Anciens, les chefs des prêtres et les scribes  qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite ».

Plus tard, les Chrétiens reliront les prophéties d'Isaïe (Is 53 sur le Serviteur souffrant) et de Zacharie (sur le mystérieux transpercé ; cf la 1ère lecture de ce dimanche) qui, effectivement, annonçaient les souffrances du Messie ; mais au temps de Jésus, bien peu pouvaient accepter cette éventualité.  Le Messie était davantage attendu comme un chef de guerre triomphant qui libérerait le peuple juif de l'occupation romaine.

L'attitude de Jésus est pédagogique : d'une part, il veut inciter les disciples à s'engager dans la foi, à se démarquer des opinions de la foule ; mais d'autre part, il veut leur ouvrir les yeux sur sa véritable mission : une mission de service et non de puissance ; et cette révélation-là, visiblement la foule n'est pas encore prête à la recevoir. Il ne faut donc pas lui dire trop vite qu'on a reconnu le Messie, la foule risquerait de « s'enflammer », de faire un contresens sur le mystère de Jésus.

Dans cette annonce de sa Passion, Jésus dit ce fameux « Il faut ».  comme il dira plus tard aux disciples d'Emmaüs, après la Résurrection « Il fallait que le Christ souffrît tout cela pour entrer dans sa Gloire ». C'est ici que ce texte de Luc se trouve étonnamment dans la suite du texte de Zacharie que nous avons lu en 1ère lecture. « Il faudra que le Messie aille jusque-là ».  Alors seulement s'ouvriront les cœurs des hommes, lorsqu'ils « lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé » (précision de Zacharie reprise dans les Evangiles de la Passion de Jésus).

Enfin, Jésus avertit ceux qui le suivent qu'ils doivent, eux aussi, emprunter ce chemin de renoncement : « Celui qui veut marcher à ma suite,  qu'il prenne sa croix chaque jour » : cette expression vise les difficultés, les épreuves de la mission d'évangélisation. Logiquement, s'ils se conduisent comme le maître,  les disciples ne seront pas mieux traités que lui ! Comme lui, ils devront accepter ce qu'on peut appeler la « logique du grain de blé » (pour reprendre une image de St Jean) : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi, la sauvera ».

Ces dernières phrases s'adressent en réalité à la foule et non plus seulement aux disciples ; l'invitation est donc très large. Luc nous suggère ainsi qu'il n'y a pas d'autre condition préalable pour suivre Jésus : seulement être prêt à s'engager dans la mission d'annonce du Royaume sans jamais espérer de triomphe spectaculaire mais en acceptant l'enfouissement du grain de blé.

 

Pour répondre au mieux à la question de Jésus « Et vous que dîtes-vous ? Pour vous qui suis-je ? » prions le psaume (62) de notre messe,  recherche du Visage de Dieu au sein de la Passion :

Dieu, tu es mon Dieu,  je te cherche dès l'aube : mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau.

 

Père Denis LECOMPTE, le 23 juin 2013

Article publié par Claire DUPONT • Publié Jeudi 27 juin 2013 • 1590 visites

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