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Homélie 11ème dimanche temps ordinaire

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Luc (7,36 à 8,3) année C par le Père Denis LECOMPTE

LA JOIE FOLLE DU PARDON GRATUIT

 

Certains pharisiens étaient des hypocrites et de faux dévots. La plupart étaient des Juifs très pieux, très généreux, voués sincèrement à défendre l’intégrité de la foi d’Israël devant la prestigieuse civilisation grecque qui entraînait bien des Juifs dans l’apostasie.

Ces hommes observaient la Loi dans ses moindres détails et veillaient à imposer au peuple une pratique rigoureuse. Organisés en petites confréries, ils avaient coutume, le jour du shabbat,  de se réunir dans la maison de l’un d’eux pour partager un bon repas, fraterniser dans la joie et discuter sur certains points de la Torah. Justement une grave question se posait alors : ce Jésus de Nazareth qui circulait en annonçant la venue du Règne de Dieu et en opérant des guérisons, qui donc était-il ? Un envoyé de Dieu ou un faussaire ?

Un incident grave va se produire et pour le comprendre, il faut imaginer la disposition de la pièce de la maison : les tables sont disposées en U pour que les serviteurs puissent apporter les plats par le milieu et les invités sont allongés sur des divans à l’extérieur. Lors de ces banquets, la porte reste ouverte ce qui autorise l’entrée impromptue d’une intruse !

Survient une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait apporté un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière Jésus, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versaient le parfum.

Les convives contemplent la scène, bouche ouverte et esprit stupéfait, tandis que Jésus ne dit rien.

Le pharisien se dit : «  Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! ».

La femme n’a pas de nom mais une étiquette : « pécheresse », « prostituée » dit-on ; en tout cas elle est connue, cataloguée, méprisée par cette pieuse assemblée.

Mais le soupçon porte tout de suite sur Jésus : s’il était un véritable envoyé de Dieu, il devrait connaître l’état de cette femme et refuser de se laisser contaminer par son impureté.

 

Alors Jésus raconte à son hôte Simon une petite parabole qui semble anodine mais qui va se refermer sur lui comme un piège.

Un créancier avait 2 débiteurs : le premier lui devait 500 pièces d’argent, l’autre 50. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l’aimera davantage ? - - C’est celui à qui il a remis davantage, il me semble.

- Tu as raison, dit Jésus.  --- Et il montre le contraste des comportements des deux personnages. A l’entrée, tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle les a mouillés de ses larmes. Tu ne m’as pas embrassé ; elle embrasse mes pieds.

Tu ne m’as pas versé du parfum sur la tête ; elle m’a versé un parfum précieux sur les pieds.

Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour.

Puis il dit à la femme : « Tes péchés sont pardonnés ». Les invités se dirent : «  Qui est cet homme qui va jusqu’à pardonner les péchés ? ».  Jésus dit à la femme : «  Ta foi t’a sauvée : va en paix ».

 

En entrant, la femme craignait bien d'être repoussée ; mais c'est précisément pour cela qu'elle pleure : parce que l'homme de Dieu ne lui manifeste aucun mépris, elle devine aussitôt qu'elle est pardonnée ; ses larmes sont de reconnaissance. Toutes les marques d'amour qu'elle donne à Jésus sont la preuve qu'elle se sait pardonnée car elle est accueillie par lui.

Le pharisien, lui, traite d'égal à égal avec Jésus, il n'a aucun pardon à quémander, puisqu'il se considère comme juste. Voilà toute la différence entre lui et la femme. Premièrement, elle a su reconnaître en Jésus un envoyé de Dieu ; deuxièmement, elle est éperdue de reconnaissance parce que le pardon qu'elle souhaitait lui apparaît comme une évidence.  

Le pharisien, au contraire, non seulement, n'avait pas de pardon à demander pour lui-même d'abord, mais, plus grave peut-être encore, il se méprend complètement sur le pardon de Dieu ; il croit connaître Dieu et donc, à ses yeux, Jésus n'a pas le comportement qui conviendrait à un prophète ; celui-ci devrait  repousser la femme.

Pour la femme, Jésus est même plus qu'un prophète, c'est un ambassadeur de la Miséricorde de Dieu et du Salut.

Elle avait (nous avons) beaucoup péché, elle en avait conscience (avons-nous conscience de notre péché ?), et vu sa (notre) contrition, - avec l'accueil et le pardon de Jésus, avec ses (nos) témoignages d'amour et d'affection -, elle a été (nous serons) beaucoup pardonnée.

Si ses (nos) péchés dit Jésus ses (nos) nombreux péchés sont pardonnés, c'est à cause de son (notre) grand amour !

L'amour attire l'amour comme un aimant. L'amour ouvre un avenir, change une vie et libère le meilleur au fond des cœurs.

 

Père Denis LECOMPTE, le 16 juin 2013

Article publié par Claire DUPONT • Publié Jeudi 27 juin 2013 - 11h42 • 1521 visites

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