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Homélie 10ème dimanche temps ordinaire

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Luc (7, 11-17) année C par le Père Denis LECOMPTE

Depuis 3 mois, Carême, Pâques, Ste Trinité, St Sacrement. Et nous revoici dans le Temps ordinaire qui est extraordinaire !

Naïm est un village de Galilée, à 8 km de Nazareth ; Shounem, où le prophète Elisée, lui aussi, avait ressuscité un enfant, n'est pas bien loin (2 R 4, 8).  Mais en racontant le miracle accompli par Jésus à Naïm,  Luc a plutôt voulu suggérer un rapprochement avec la résurrection accomplie par Elie en faveur du fils de la veuve de Sarepta (notre 1ère lecture) ; visiblement, il a volontairement choisi son vocabulaire et l'articulation de son récit dans ce but : le mort est le fils unique d'une veuve (femme, veuve et son seul fils qu'elle perd !) ; le miracle se déroule à la porte de la ville, le ressuscité est « rendu à sa mère », l'auteur du miracle est acclamé comme prophète. On sait que la figure d'Elie compte beaucoup pour Luc ;  à de multiples reprises au long de son évangile, il propose le parallèle avec Jésus.

En même temps, Luc veut nous faire comprendre qu'une étape décisive est franchie avec Jésus-Christ : s'il agit bien dans la ligne des grands prophètes de l'Ancien Testament, en particulier Elie et Elisée, il les dépasse infiniment ; sa mission est en effet décrite dans des termes sans équivoque dans le passage qui suit juste celui-ci : quand Jean-Baptiste, emprisonné par Hérode (Lc 3, 19), envoie des disciples à Jésus pour lui poser la question de confiance : « Es-tu le Messie ou devons-nous en attendre un autre ? » (Lc 7, 19),  Jésus répond : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Lc 7, 22).  C'était exactement dans ces termes-là qu'on parlait habituellement du salut qu'apporterait le Messie.  Faisant suite à la guérison de l'esclave du centurion (Luc 7, 1-10),  la résurrection du fils de la veuve de Naïm  est donc bien la preuve que les temps messianiques ont commencé et que Jésus est bien « Celui qui vient ». D'ailleurs, Luc lui donne ici le titre de Seigneur, celui que les premiers Chrétiens décernaient à Jésus-Christ depuis sa résurrection : « En la voyant (la mère du jeune homme), le Seigneur fut saisi de pitié pour elle ». (N'oublions pas que c'est également le nom même de Dieu dans la traduction grecque de l'Ancien Testament, la Septante).

Et ce court récit  donne en quelques lignes l e double témoignage de la puissance et de la tendresse de Dieu : le Seigneur, c'est le maître de la vie, c'est aussi le Dieu de tendresse et de pitié,  si souvent révélé dans l'Ancien Testament. Pour dire l'émotion de Jésus, Luc a choisi un mot très fort qui signifie « remué jusqu'aux entrailles ».  On ne s'en étonne pas quand on sait la tendresse toute particulière de Dieu pour les veuves et pour tous ceux qui pleurent : « Les larmes de la veuve ne coulent-elles pas sur les joues de Dieu ? », comme dit Ben Sirac (Si 35, 18). Les assistants ne s'y sont pas trompés : ils sont saisis de cette crainte qu'inspire la Présence de Dieu : « La crainte s'empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu. » Ils disaient : « Un grand prophète s'est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »

Encore un mot cher à Luc, la « visite » de Dieu : c'est le cri de Zacharie, par exemple, après la naissance de Jean-Baptiste : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, parce qu'il a visité son peuple, accompli sa libération, et nous a suscité une force de salut dans la famille de David, son serviteur.. C'est l'effet de la bonté profonde de notre Dieu : grâce à elle nous a visités l'astre levant venu d'en haut. Il est apparu à ceux qui se trouvent dans les ténèbres et l'ombre de la mort. » (Lc 1, 68. 78-79).

A la fin de l’évangile, une autre maman, MARIE, veuve,

verra son fils unique exécuté sur la croix ignominieuse

et enseveli, comme un gredin, au Golgotha (à la porte de la ville de Jérusalem).

Mais Dieu verra sa souffrance, il sera bouleversé dans ses entrailles,

il relèvera son fils (qui est le Sien) qui se remettra à parler  et il le rendra à sa mère.

Alors les disciples seront convaincus de « la visite de Dieu », de son intervention extraordinaire,

ils rendront gloire non pour « un grand prophète » mais pour le FILS UNIQUE

et cette proclamation retentira dans « tous les pays voisins » jusqu’aux extrémités de la terre.

 

Père Denis LECOMPTE, le 9 juin 2013

Article publié par Claire DUPONT • Publié Lundi 10 juin 2013 - 11h08 • 4131 visites

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