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Homélie du 6ème dimanche de Pâques

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Jean (14, 23-27) année C par le Père Denis LECOMPTE

- Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. Celui qui ne m?aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez  n?est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.

Si quelqu’un m’aime Tout est là ! La « fidélité » (« fidèles » du Christ, tel est notre nom) sera facile si elle est soulevée par l'amour. Tout croulerait s'il n'y avait plus d'amour. Et cet amour ainsi exprimé, attire l’amour du Père.   Et le Père se met en mouvement avec Jésus et ils viennent demeurer en nous. On pense à la Présence divine qui reposait sur la Tente de la rencontre et se mettait en marche pour guider le peuple hébreu à travers le désert.

- Je vous dis tout cela  pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

L'Esprit St, qui est est-il ? Nous pouvons l'expérimenter, mais non pas le saisir ! Le Père et le Fils nous pouvons - ô, si mal, mais quand même ! - nous en faire quelque idée, parce que nous voyons des visages de pères et de fils. L’Esprit, lui, n’a pas de visage. Son nom même  Esprit (mot à mot : souffle, vent) suggère qu’il ne peut être saisi qu’indirectement : nous voyons la feuille bouger, le roseau plier ; le vent lui-même, nous ne le voyons pas !   Nous le voyons dans son action Ainsi pouvons-nous percevoir l’Esprit dans son agir. Les noms qu’on lui donne, d?ailleurs, reflètent plus « ce qu’il fait »  que « ce qu’il est » : l’eau qui vivifie, le feu qui embrase, la colombe qui apporte la paix, le Défenseur qui intervient en faveur d'un autre.

Par dessus tout, l'Esprit-Saint est l'Amour qui nous unit au Père et au Fils. C’est ce que veut insinuer la phrase de Jésus   L’Esprit vous enseignera tout et vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit : il fera résonner mes paroles en vous, il vous mettra en communion avec moi et le Père. Et, de la sorte, nous viendrons chez vous.

C’est pourquoi l’Esprit est encore dit « mouvement ». Il nous apporte Jésus et nous emporte vers lui. Il n’est ni le point de départ, ni le point d’arrivée, il est le va-et-vient entre le pont de départ et le point d'arrivée. Aussi aime-t-on l’appeler l’Esprit d’amour, l’Amour en personne.  Et c’est par là que nous pouvons l’approcher Mieux : y être plongé. Aime et tu n’auras plus besoin que l’on t’explique l’amour.

- C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ;  ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne.

Aussi Jésus leur donne-t-il sa paix. Il précise : pas à la manière du monde (égoïste tranquillité, « pas d’histoires ». « guerre froide », compromis); sa paix, c’est Lui-même, sa présence dans l’Esprit  qui les rendra inébranlables.

- Ne soyez donc pas  bouleversés et effrayés. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous.  Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie  puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.

Les disciples ne comprennent toujours pas. Si vous m’aimiez (ils l’aiment, mais pas encore selon l’Esprit), vous seriez dans la joie, puisque je pars vers le Père. La présence de Jésus pendant 30 années sur terre, n’avait pas la puissance et l’intimité du « demeurer » de Jésus en nous, qui provient de la Résurrection et de la Pentecôte. Avant Jésus était comme devant les disciples, maintenant il sera en eux, il est en nous. Avant, Jésus était présent  aux seuls habitants de Palestine. Maintenant, dans son Esprit, il peut être présent à tout homme, à tous les temps - donc à moi.

Aussi devriez-vous être - dit-il - dans la joie, puisque je pars vers le Père. « Il est bon que je m’en aille, sinon l’Esprit ne pourra pas venir », dira encore Jésus (Jn 16,7). Ce que Paul Claudel traduira par : « Il est bon que je vous ôte mon visage corporel  pour que vous receviez mon âme » car l'Esprit-Saint est l'âme même de Jésus (Hymne de Pentecôte, Corona benignitatis). Vraiment nous n’avons plus besoin de temple (2ème lecture), nous sommes nous-mêmes  dans le Temple qu’est le Christ et nous entrons directement à l’intérieur de Dieu.

Qui oserait encore parler d’absence ? Mais, ne l’oublions pas, ce ne sera qu’avec le fameux « si » du début. Un « si » qui revient à la fin : Si quelqu’un m’aime. si vous m’aimiez

- Je vous ai dit toutes ces choses maintenant,  avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.

Paroles prophétiques dont le sens s’accomplit dans le cœur de celui qui croit.

 

Père Denis LECOMPTE, le 5 mai 2013

Article publié par Claire DUPONT • Publié Dimanche 05 mai 2013 - 18h10 • 1559 visites

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