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Homélie du 3ème dimanche de Pâques

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Jean (21, 1-19) année C par le Père Denis LECOMPTE

 

L'ultime chapitre 21 de l'Ev de S. Jean est un petit chef-d??uvre qui décrit en images ce qu?est l?Eglise du Ressuscité.

 

LA MISSION

La scène se passe au lac de Galilée : 7 disciples, guidés par Simon-Pierre, décident d?aller à la pêche.   Selon la méthode du temps, tout au cours de la nuit,  ils ont ramé en larges cercles en tirant et refermant le filet mais ils n?ont rien pris.  Au-dessus des collines du Golan, apparaissent les premières lueurs de l?aube.  Les pêcheurs, las et déçus, se préparent à rentrer  lorsqu?une voix leur parvient.  Là-bas sur le rivage, une silhouette : Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ?.  Non  répondent-ils. L?inconnu lance :  Jetez le filet à droite de la barque et vous trouverez. Pourquoi obéir à l?ordre d?un inconnu ? Pourquoi cette précision ?  Ils jettent le filet qui se remplit de poissons. 153, précise-t-on : ce serait le nombre d?espèces connues à l?époque, dit S. Jérôme.  Signe de mission universelle.

Le disciple que Jésus aimait, le premier, reconnaît l?homme :  C?est le Seigneur !  Simon-Pierre se jette à l?eau vers lui ; et les disciples, tirant le filet, arrivent au rivage.

 

En débarquant ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus et du pain.

Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre ». Simon-Pierre tire le filet : 153 poissons ?et malgré cela, le filet n?était pas déchiré !

Jésus leur dit : « Venez déjeuner »?Il prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.

C?était la 3ème fois que Jésus ressuscité d?entre les morts se manifestait à ses disciples.

 

La mission des apôtres consiste à sauver les hommes, à les retirer du gouffre du mal, à les empêcher de couler dans le désespoir, à les ramener à l?air libre, à être « pêcheurs d?hommes » (Luc 5, 10) Mais ce travail ne s?accomplit pas par initiative personnelle, par simple dynamisme et bonne volonté. « Sans moi vous ne pouvez rien faire » avait dit Jésus à ses disciples (15, 5).  L?apôtre, si doué soit-il, peut bien déployer les trésors de son génie,  il demeure bredouille car la conversion de l?homme est une ?uvre divine.  Les disciples avaient ?uvré toute la nuit en vain mais que la lumière apparaisse, qu?ils obéissent à la voix encore non reconnue du Seigneur,  et voilà que soudain les prises tant attendues se multiplient.

 

LE PARTAGE DU PAIN

Oui le missionnaire doit s?attendre à des échecs. Il a beau changer de tactique, modifier son vocabulaire, utiliser d?autres méthodes, recourir aux médias les plus sophistiqués : s?il ne compte que sur lui et ses moyens,  il reste bredouille.  Mais il est bon qu?il fasse cette expérience, qu?il connaisse le découragement, se bute aux limites de ses possibilités : encore faut-il que, sans démissionner, surmontant la tentation de tout laisser là,  il prête l?oreille à la voix qui murmure : « Recommence ! ».

Seul Dieu peut nous sauver. Les apôtres sont appelés à retrouver sa présence, à accepter son invitation : Venez déjeuner.

C?est en partageant le Pain de Celui qui est sorti des abîmes de la mort pour rejoindre les rivages des hommes  que les apôtres retrouvent leurs forces et leur joie de travailler sans relâche.

 

LE PARDON

Alors s?ouvre un merveilleux dialogue :

Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre :

- Simon, fils de Jean, m?aimes-tu plus que ceux-ci ?

- Oui, Seigneur, je t?aime, tu le sais.

- Sois le berger de mes agneaux?.Simon, fils de Jean, m?aimes-tu ?

- Oui, Seigneur, je t?aime, tu le sais.

- Sois le pasteur de mes brebis?Simon, fils de Jean, est-ce que tu m?aimes ?

- Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t?aime.

- Sois le berger de mes brebis.

Simon, pauvre pêcheur, devait être fier d?avoir été placé en tête de la liste des Douze.  Impétueux, il avait assuré son Maître qu?il le suivrait toujours : Moi, je donnerais ma vie pour toi !  (13, 37).  Las, quelques heures plus tard, dans la cour du palais du grand prêtre où l?on avait amené Jésus ligoté,  Pierre s?approcha du « feu de braise » : on le reconnut et le pauvre nia par trois fois être l?un de ses disciples (18, 17-27).

Ici, au bord du lac, voici les retrouvailles éblouissantes.  Jésus ne fait pas d?allusion directe au triple reniement de son ami, il ne le condamne pas, ne l?humilie pas devant les autres, ne lui commande même pas de confesser ses péchés. Devant un autre « feu »,  il lui demande simplement de redire son amour.

Pierre n?ose plus prétendre « aimer plus que les autres » :  il s?en remet au Seigneur.  Oui il a été prétentieux, lâche, traître,  il a eu peur de l?arrestation.  Mais il peut en vérité dire à Jésus que, malgré tout,   il l?aime vraiment.

En conséquence, parce qu?il a fait l?expérience de son immense faiblesse, parce qu?il est revenu à la vérité de l?amour, il peut recevoir la garde du troupeau.  Car un berger doit d?abord être quelqu?un qui aime Jésus.

Mais qu?il n?oublie pas : les brebis ne lui appartiennent pas : elles sont « mes » brebis, dit Jésus.  Je te les confie, guide-les avec l?amour que j?ai eu.  Le souvenir de ta faute t?empêchera de les traiter avec dureté.  Sois toujours prêt à leur pardonner et à les conduire plus loin !

 

Père Denis LECOMPTE, le 14 avril 2013

Article publié par Claire DUPONT • Publié Dimanche 14 avril 2013 - 15h39 • 2734 visites

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