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Homélie 5ème dimanche de Carême

Vous trouverez ci-dessous l'homélie relative à l'Evangile de Jésus Christ selon St Jean (12, 20-33) Année B par le Père Denis LECOMPTE

Nous sommes à 8 jours de la Semaine Ste, à 15 de Pâques. Le regard se porte avec plus d’intensité sur la mort et la résurrection du Christ.

Dans une vision prophétique, la 1ère lecture voit arriver le jour de l’Alliance nouvelle et éternelle, scellée sur la croix. La 2ème lecture contemple le Christ qui aborde sa Passion avec un grand cri et des larmes, tandis que l’évangile proclame arrivée l’heure : cette heure, annoncée dès Cana, où le Fils de l’homme va être glorifié.

Les 3 lectures présentent ainsi une remarquable unité. L’heure est là, la grande, l’unique.  Jésus l’a désirée, tout en la redoutant, au point qu’il est tenté de prier le Père de l’en délivrer (évangile). Tout naturellement nous pensons aussi à notre propre "heure", quand le Seigneur nous fera passer (Pâque : passage) de ce monde dans le sien.

 

L'Evangile nous situe à la dernière Pâque, quand beaucoup de pèlerins montent à Jérusalem dont des Grecs, des étrangers sympathisants. Ils ont entendu parler de Jésus, ils voudraient le voir. Alors ils s’adressent à Philippe (qui porte d’ailleurs un nom grec, et qui est originaire de Bethsaïde, d’une région à forte densité étrangère). Avec son frère André il va le dire à Jésus. Jésus semble ne pas leur répondre. Il parle de son heure l’heure est venue… où j’attirerai à moi tous les hommes, (verset à la fin du texte), où ces Grecs alors pourront me voir.

Ce mot heure est important. Jésus l’utilise dès les noces de Cana : "Mon heure n’est pas encore venue" (Jn 2,4), et ce mot reviendra encore plusieurs fois, quand les ennemis tenteront en vain d’arrêter plusieurs fois Jésus (Jn 7,30 ; 8,20) ; de même le Jeudi Saint (Jn 13,1;17,1). L’heure, c’est le moment où Jésus va être élevé en croix et être élevé dans sa gloire. Aussi Jésus parle-t-il des 2 événements comme d’1 seul ; il va "mourir" comme le grain qui tombe en terre puis "être glorifié" porter beaucoup de fruit.

Et nous aussi nous avons à suivre le Christ Jésus. Comme Jésus, il faut nous perdre (mourir à nous-mêmes), si nous voulons nous garder (entrer dans sa réussite).

Mais la pensée de devenir ainsi blé qui meurt, bouleverse Jésus. En son humanité, il passe comme nous par la peur de souffrir, l’angoisse devant la mort. Ce sont déjà ici les peurs de l’agonie. Comme à Gethsémani où Jésus dira "Mon âme est triste à mourir"- ici il se confie Maintenant je suis bouleveré. A Gethsémani, Jésus sera ébranlé " Père, éloigne de moi ce calice"-  ici il précise : Que puis-je dire ?… Père, délivre-moi de cette heure.

A cette agonie anticipée s'ajoute ici une transfiguration provenant du ciel. Comme à la transfiguration de Jésus où "une voix se fit entendre" - ici du ciel vint une voix qui disait : Je l’ai glorifié par les signes et miracles et je le glorifierai encore et surtout par sa glorieuse résurrection. Quant au coup de tonnerre, il est le signe biblique habituel des manifestations divines.

Ainsi se trouve présentée l'heure de Jésus :  par cette juxtaposition de la peur (déjà l’agonie), et de la transfiguration (ici manifestée en voix de gloire), donc de la mort et de la résurrection de Jésus.

L’heure est donc venue, l’heure de sa mort et de sa résurrection, mais aussi de leurs conséquences : le monde de péché est dévoilé, jugé, et le prince de ce monde de péché, Satan, jeté dehors, brisé. Tandis que le Christ élevé de terre (c'est-à-dire élevé sur la croix, élevé en gloire) attirera à lui tous les hommes. Alors, eux aussi, les Grecs, représentants des païens, seront attirés à Jésus, comme ils l’avaient désiré au début de l'évangile : ils pourront voir Jésus en croyant.

C’est là une des dernières paroles de Jésus avant sa passion. La passion va commencer.  Une passion que nous allons célébrer dans quelques jours.

Une passion qui est aussi la nôtre. Jésus entend nous y associer : Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive. Dans la passion, bien sûr. Dans l’acceptation de notre "heure", où nous aurons envie, comme Jésus, de dire : "Père, délivre-m’en". Mais si nous l’acceptons dans l'amour, nous suivrons aussi Jésus dans sa gloire. Et là où je suis, là aussi sera mon serviteur, précise Jésus.

Comme Jésus, nous avons à tressaillir de joie en pensant, ces jours-ci,  à tous ces catéchumènes de chez nous et dans les jeunes Eglises, qui vont être illuminés par le baptême  et voir Jésus… Ils sont les Grecs de notre temps !

Comme Jésus encore, nous avons à frémir  à la pensée  de tant d’autres,  eux aussi Grecs d'aujourd'hui,  qui cherchent dans l’obscurité… Trouveront-ils un Philippe ou un André  pour accueillir  leur question  et les amener à Jésus ?

 

Père Denis LECOMPTE, le 22 mars 2015

Article publié par Claire DUPONT • Publié Mardi 24 mars 2015 - 19h19 • 833 visites

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